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  • Un crime, de Georges Bernanos

    L'idée d'écrire, à des fins pécuniaires, des romans policiers a fait d'Un crime (qui sera, s'il en est un, le seul polar de Bernanos) un roman pour le moins singulier, quoiqu'on puisse trouver singulier chaque roman de l'écrivain). Le fait est que le roman s'ouvre à la fois sur l'arrivée nocturne du nouvel et fascinant curé de Mégère, ce qui est assez bernanosien, ainsi que sur un crime, peut-être même un double crime, ce qui relève immédiatement du polar. L'action, s'il en demeure une après les crimes, se tient dans ce petit village des Alpes (la grande ville la plus proche est Grenoble) au tout début des années 30, et vient trouver sa surprenante résolution dans le pays basque. Le personnage principal, le curé de Mégère, doit bientôt s'absenter et cède la place au petit juge Frescheville, pas toujours soucieux des procédures et capable de dérober un portefeuille (dans lequel se trouve la photo qui permettra la découverte du coupable). Le roman n'est pas celui des plongées aux grands affres spirituels, ni un polar des plus efficaces (si l'efficacité doit en être le critère) ; cependant, sans raconter plus avant l'intrigue, si provinciale et datée qu'elle semble (pensez, il y a un curé dans chaque village), sa résolution est d'une modernité tout à fait stupéfiante, qui demande d'ailleurs à ce que le roman soit relu depuis son commencement.

    (PS : L'onomastique bernanosienne me plaît beaucoup, et je ne puis que regretter que ce personnage une seule fois évoqué n'ait pas été développé, qui s'appelle Sautemoche.)

     

    30 juillet 2026

    Lien permanent Catégories : Livre