Je tourne autour du livre d'Ernest Becker La voie héroïque, que mon ami Radu Stoenescu, son éditeur et traducteur, a eu la gentillesse de m'envoyer.
Le premier paragraphe de la préface est engageant.
Je lis aussi les deux premières pages du premier chapitre et la grande citation en quatrième de couverture (extraite du chapitre XIII, dont je ne sais alors qu'il est le dernier de l'ouvrage).
On me demande :
— Alors, de quoi ça parle ?
— Au vu des deux premières pages et de la quatrième de couv', ça dit que l'homme est un animal qui doit d'être ce qu'il est au fait de manger de la viande et qu'il faut devenir un saint.
Il y a peut-être là une part de provocation mais rien n'est moins sûr. Reste à lire le livre.
Plus sérieusement, les deux premières phrases de la préface :
« Si les mises en scène contemporaines des œuvres classiques vous effraient, si la remise en question incessante des "rôles traditionnels", à l'écran comme à la ville, vous fatigue, et si vous vous languissez d'œuvres artistiques qui soient davantage d'un déversement d'émotions victimaires non élaborées, ce livre vous aidera à comprendre ce sentiment de décalage, et peut-être même à le surmonter. C'est ce qui rend ses écrits indémodables : Ernest Becker prend au sérieux, mortellement au sérieux, l'importance de la culture. »
Pour ma part, j'apprends par cœur l'expression déversement d'émotions victimaires non élaborées. Elle dit précisément ce que sont la plus grande part, désormais, des productions anti-culturelles.
24 août 2026
La voie héroïque, Ernest Becker, traduction Radu Stoenescu, Carmin 2026