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joubert

  • Qu'est-ce que la littérature ? de Charles Du Bos

    C'est une excellente question, presque jamais posée, et à laquelle il est rarement répondu. Je commençais à me la poser, quand l'ouvrage m'est tombé dans les mains. Du Bos (dont je ne connaissais que l'introduction aux traductions qu'il avait supervisées d'Hugo von Hofmmansthal, récemment rééditées aux éditions de La Coopérative par le vaillant Jean-Yves Masson), à la fin de sa vie, en 1938, s'attelle à y répondre précisément, ce qui est plus que méritoire, en quatre conférences.
    Il faut signaler ici, afin d'écarter les lecteurs à préjugés, que l'auteur est catholique (depuis 1927) et qu'il s'adresse en l'espèce en anglais (le livre sera traduit par son épouse) à un public de professeurs américains et catholiques. L'originalité de la réponse tient à ce que les barreaux de l'échelle menant à la littérature (et à son sens) sont faits d'extraits de poèmes pour la plupart écrits en anglais (Keats et Shelley en tête) et de quelques écrivains français (Joubert surtout, Proust un peu, Claudel sur la fin, dont l'auteur dit en somme qu'il est la plus haute réponse humaine que la France puisse fournir en regard de Shakespeare) et de Goethe ; ce qui autorise la question de savoir si s'adressant à un public français et peut-être point seulement catholique, la réponse (visant le même point, évidemment) eût emprunté la même échelle de citations.
    (À un moment de ma lecture, j'ai craint que Du Bos ne construise son échelle à partir de matériaux composites allant dans le sens de sa démonstration, citations empruntées çà et là, pour ainsi dire hors contexte, mais sa rigueur, sa cohérence et son honnêteté me sont ensuite clairement apparues ; et je crois pour finir qu'il aurait utilisé la même échelle exactement devant un autre public, à ce moment de sa vie.) 
    Les quatre conférences ont des titres à la fois simples et extraordinairement complexes : « La littérature et l'âme », « la littérature et la lumière», « la littérature et la beauté » et « la littérature et le Verbe ». N'étant pas un critique littéraire (seul point commun que j'ai avec ceux qui pensent l'être), je me contenterai ici de donner le point de départ de ces conférences, et chacun dès lors, s'il est arrivé jusqu'ici, saura bien s'il y peut être intéressé. Du Bos dit que la question Qu'est-ce que la littérature ? n'a de sens qu'à être précédée de celle-ci : Qu'est-ce que la vie ? 
    « Il nous faut nous concentrer sur ce point central qui touche le cœur même de notre sujet et répéter, avec une force accrue, que pour tous ceux qui n'ont pas encore reçu le don de la foi, la définition de la vie donnée par Keats est la seule véritable réponse à l'interrogation de Shelley : « Mais alors qu'est-ce que la vie ? » « La vie est la vallée où se façonnent les âmes, » et j'estime que s'il est de bonne volonté, tout homme, toute femme, tout jeune homme et toute jeune fille aujourd'hui comme hier et comme demain peut vivre de cette définition et en vivre noblement. »
    L'ascension peut commencer.


    5 août 2026

    Charles Du Bos, Qu'est-ce que la littérature ? Plon 1945

  • Pause

    Un mois sans mettre une ligne dans le roman. Envie de changer tout à fait de registre, de langue, de tout. Avant que ma tête n'éclate. Tout ça est à l'arrêt. Aucune importance.

    Je fais très lentement des textes très courts, dans une langue classique. A grande distance. Repos. 

    Je lis. Faulkner (quel poète : il y a de longs poèmes en prose).Le texte émouvant du prochain spectacle de Fred Pougeard. Vila-Matas (que je découvre et qui m'intéresse et m'agace à la fois). Kipling. Debray (mouais, mouais, mouais). Prazan (intéressant). 

    Bientôt Suarès ou Joseph Joubert. Peut-être Gracq (avec beaucoup de café).

    J'ai retravaillé à Temps pour temps. J'ai fait une version modifiée de la Lettre à l'Intendant du domaine, que j'ai fait suivre de deux textes très courts. On va grouper tout ça et on verra.

    J'ai tenu 35 minutes dans l'interview de Poutine par Tucker Carlson. Il y a deux semaines déjà. Je m'étais dit qu'il faudrait regarder la suite et je ne l'ai pas fait. A quoi bon ? 

    Pourquoi, finalement, devrais-je m'intéresser à ce à quoi je ne puis rien ? C'est aussi ridicule que de raconter sa vie. Et j'ai du bois à fendre.

    Le soi-disant poète Maulpoix a cogné vingt ans sa femme (je ne dis pas soi-disant parce qu'il tape, mais pour le mot poète dont il faut bien admettre qu'il pue le siècle. Et puis, ces fayots de premiers de la classe m'emmerdent depuis longtemps.). J'ai envoyé un petit commentaire là-dessus à Pierre Perrin, de la revue Possibles, qui m'a demandé un texte, proposé de tourner et retourner le fiel (je me sens peu fielleux, finalement) et de sulfater à satiété (ça me va déjà mieux). Je lui ai dit que je voulais aussi faire un éloge. 

    (Je pense parfois que les journalistes et autres animateurs à la con sont les poètes de notre époque et qu'eux aussi, globalement, font vraiment de la merde. il faut bien ça.)

    11 mars 2024