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adam

  • Mes écritures, en vitesse

    Il y a l'écriture des pièces un peu sérieuses, à caractère politique, avec une seule intrigue et un nombre de personnages limités ; celle des pièces plus farcesques et improbables, très violentes, au langage peu ou pas châtié, avec une débauche de personnages et d'énergie ; celle de ce que j'appelle les hyperbrèves, pièces de quelques vers, qui sont pléthore (plus de mille) et dont les combinaisons sont pour ainsi dire infinies ; quelques critiques de livres ou de la société : toutes ces écritures ont en commun d'être assez enlevées et pour être franc, de relever de l'improvisation (je pars sans plan, avec quelques personnages et je vois  ça va). — Et puis il y a des sortes de paraboles ou de poèmes, sérieux jusque dans l'humour, et très noirs, qui s'écrivent lentement. 
    Les vers, qui peuvent se retrouver dans presque toutes ces écritures (sauf la critique peut-être), relèvent généralement du non-sérieux, surtout s'ils respectent les règles.

     

    27 juin 2026

    Lien permanent Catégories : Journal, Théâtre
  • Plute et ses enfants

    A propos de la pièce, qui sera jouée pour la première fois au Bénin, à Cotonou, au Dayihoun Théâtre, le premier théâtre indépendant du pays, créé par Joël Lokossou.
     
    C'est peut-être après tout ce que j'ai fait de plus drôle et de plus violent.
    Je dis parfois sans trop exagérer qu'en France, personne ne lit plus de théâtre, à commencer par la plupart de ceux qui en font ou croient en faire. (C'était vrai déjà de ma génération, d'ailleurs.) Il faut dire qu'ici tout est convenu comme tout doit l'être. Il n'y a plus grand-chose à attendre. (Quand j'en avais fait lire les premières ébauches à quelques gens du théâtre français que mon travail intéressait encore, bien avant de tout reprendre et développer pour Joël, ils avaient unanimement conclu que ce n'était pas présentable en France...)
     
    Mon ami Joël Lokossou n'a pas l'air d'avoir trop de mal à trouver des personnes curieuses prêtes à lire des choses (mais il faut dire qu'il est au Bénin, pas en France).
    Voici donc quelques extraits du retour fait à Joël par Jean Lhérisson, un ancien diplomate haïtien :

    « Plute et ses enfants arrive au bon moment, c'est-à-dire au pire. Dans un monde où l'argent a définitivement pris le visage d'un dieu, où les chaises du pouvoir se disputent avec une brutalité croissante et une décence décroissante, Pascal Adam fait quelque chose de rare : il rit. Pas d'un rire qui console, mais d'un rire qui déshabille. Son Plute : aveugle puis voyant, riche puis seul, est le portrait le plus juste de notre époque que j'aie lu depuis longtemps. Un dieu qui s'ennuie dans un musée pendant que le monde brûle dehors : il n'y a pas d'image plus vraie.
    Ce texte a de l'importance. Il dit ce que les discours politiques taisent et ce que les documentaires, comme le dit si bien TRICE, ne peuvent pas dire, parce que les documentaires sont toujours de la propagande. Ici c'est du théâtre, c'est-à-dire de la vérité.
    Et je sais que tu sauras le traduire. Tu connais la distance exacte qu'il faut maintenir entre le grotesque et l'émotion, entre le rire et le vertige. C'est précisément ce que ce texte demande, et c'est précisément ce que tu sais faire. »
     
    Et plus loin :
    «Plute est un personnage qui existe vraiment, la solitude du pouvoir absolu rendue par une chaise dans un musée, c'est une image scénique forte qui n'a pas besoin d'explication. La liberté de ton, du mythe grec au langage le plus cru, est une richesse, pas un défaut. »
    Ou :
    « Pascal Adam travaille avec une liberté de ton rare. Le mélange entre le mythe grec (Ploutos, dieu de la richesse) et le langage contemporain le plus cru produit une friction délicieuse ; "c'est un con — qu'il attende" dit de Obama ou Trump, c'est immédiatement vrai et drôle. »
     
     
     
    16 mai 2026