— Faible est la liberté, convenues nos paroles.
— Désirez-vous, madame, un rafraîchissement ?
— Qui dit la vérité ignore s'il se ment.
— Et l'ombre lui échappe et la beauté s'envole.
Ah, c'est si bon de rire? Il n'y aurait presque rien à dire de cette conversation, sinon qu'elle avait eu lieu l'été, entre amis, ou disons, entre gens qui eussent pu être amis s'ils avaient bien voulu abaisser quelque peu leur orgueil, qui masquait mal un honneur tombant faux. Je peine à revoir les visages et leurs voix s'entremêlent.
— Mais c'est si bon de rire ! — Qu'importent deux vers faux
Si leur rapport est juste. — C'est mieux, s'ils se compensent
Et que leur vérité s'établit au silence.
— Laissez-vous au vers faux d'étaler qu'il est beau ?
La question est plutôt : Que se dit-il au juste quand rien ne se dit qui est vrai et que les paroles tintent comme un rire sans objet, d'une folie qu'on admet et désire ?
— L'économie, mon cher, n'a presque aucun principe.
— Quand elle en aurait un nul ne l'appliquerait.
— Ce vin est excellent. — À qui me satisfait,
J'offrirai pour l'adieu une très bonne pipe.
Tout le monde s'en fiche et personne n'écoute. Les dangers du tabac sont très connus de tous. Notre époque varie et je m'en contrefous.
31 juillet — 1er août 2026