Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

western

  • La promenade avec Sebastian Falsch

    Le ciel est gris, Ludwig marche à côté de moi le long du canal, il s'arrête, prend une pièce dans sa poche et dit :
    — Je vais lancer cette pièce en l'air et je parie qu'elle ne tombera ni sur face ni sur pile. 
    Je souris. Il lance la pièce, elle s'élève tournant sur elle-même, atteint son acmé, descend tournant sur elle-même et disparaît dans le canal.

    Alors Bobby Western, le physicien défroqué, héros des deux derniers romans jumeaux de Cormac McCarthy, regarde Ludwig et dit :
    — Tu sais que je suis plongeur de récupération ?
    Salvage diver.

    Ludwig pose la main sur le bras de Bobby et dit :
    — Ne plonge pas, les deux côtés de la pièce étaient rigoureusement identiques.
    Et il sourit.
    —
    N'empêche qu'ayant deux côtés, elle a un côté pile et un côté face, répond Bobby.
    Et de plonger.

    Alors je dis : — Sebastian Falsch prétend qu'entre deux battements de notre coeur, nous sommes morts.
    J'allume une cigarette et reprends.
    — Au bout de combien de temps que le battement d'après ne vient pas est-on mort ? C'est schrödingue, non ?
    Ludwig ne dit rien, m'emprunte ma cigarette, sur laquelle il tire une longue taffe, puis, expirant :
    —
    Tu crois que Bobby va remonter ?

    Le plongeur de récupération aura-t-il besoin d'un plongeur de récupération ? Etc.
    Et lequel alors de nous deux se jette à l'eau ? Je n'ai pas de pièce dans ma poche et celle de Ludwig est dans le canal.

    11 septembre 2026

  • L'or, de Blaise Cendrars

    Je n'avais pas lu L'or, dont un exemplaire a magiquement atterri sur mon bureau quand mon roman a d'une pichenette envoyé la Californie dinguer dans le Pacifique. Le hasard n'existe pas. C'est un merveilleux conte et le meilleur western que j'ai vu depuis longtemps. C'est aussi une manière de parabole biblique, un contrepoint amusé à Job. Cendrars est merveilleux de simplicité et sa brève épopée malheureuse du magnifique Suisse Johann August Suter, "inventeur" si j'ose dire de la Californie, est parfaite. Le seul livre du XXème siècle auquel il me semble pouvoir être comparé, par la simplicité et la puissance, est Le vieil homme et la mer. 

    16 janvier 2024

    L'or, Blaise Cendrars, Folio Gallimard