Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

job

  • Ma vie jusqu'à la tienne, de Frédéric Dieu

    Le poète Frédéric Dieu a perdu son fils Isaïe le 1er février 2025. Ma vie jusqu'à la tienne, un poème en huit parties, a paru, dit l'éditeur, le 21 janvier 2026.
    La publication pourrait être indécente, la lecture indiscrète. Non. Aucune exhibition. C'est à autre chose que le lecteur est convié, je dirais, à un mystère (dont le sens médiéval serait renouvelé), peut-être à un miracle.
    Pour une fois je ne me suis pas demandé ce qui pouvait bien faire dire à l'auteur qu'il était question de poème. La prose est serrée, précise, tendue, avec sa ponctuation propre : elle dit. Elle part du fait terrible et s'élève.

    Ne pouvant ni écrire une critique ni ne rien dire, je publie les notes, telles quelles, comme elles me sont venues sur un morceau d'enveloppe postale déchirée, à la seconde, puis à la troisième lecture.

    L'économie de Dieu, mystère
    Isaïe. La mort du fils (I). Cri. Cri carcéral. Mort (aussi, en lui-même) du père.
    Dire non au jour qui vient. Écho de Job. L'omniabsence. (II)
    Plusieurs tombeaux (III), terre et ventre. Fermeture de la chambre d'étudiant. Où ? ici et l'ailleurs. Écho de Péguy ?
    Isaïe. Bonheur d'être son père. Rire et joie. Mais jambes et nuque raides (du père). À genoux. (IV)
    Bascule à V : le fils marche en avant.
    (Opération de foi, comme opération de pensée ?) Disparition (VI) de la séparation. [illisibles, 4 mots]
    Miracle à VII, §3 : Impensable impossible joie. Ne peut venir de moi.
    VIII. Écho d'Apollinaire. Grand large. Et la fin, Aller t'aimant jusqu'à l'épuisement du temps.

    À quel moment le dialogue a-t-il repris ? Peut-être n'avait-il pas cessé vraiment.

    15 juillet 2026

    Frédéric Dieu, Ma vie jusqu'à la tienne, ed. de Corlevour, 2026

  • L'or, de Blaise Cendrars

    Je n'avais pas lu L'or, dont un exemplaire a magiquement atterri sur mon bureau quand mon roman a d'une pichenette envoyé la Californie dinguer dans le Pacifique. Le hasard n'existe pas. C'est un merveilleux conte et le meilleur western que j'ai vu depuis longtemps. C'est aussi une manière de parabole biblique, un contrepoint amusé à Job. Cendrars est merveilleux de simplicité et sa brève épopée malheureuse du magnifique Suisse Johann August Suter, "inventeur" si j'ose dire de la Californie, est parfaite. Le seul livre du XXème siècle auquel il me semble pouvoir être comparé, par la simplicité et la puissance, est Le vieil homme et la mer. 

    16 janvier 2024

    L'or, Blaise Cendrars, Folio Gallimard