Plus je vais, plus j'en suis persuadé : le poème dramatique (le théâtre, jusqu'à il y a peu) est de façon évidente la forme supérieure de la poésie. C'est pour cela d'ailleurs que si peu de gens en lisent. A commencer par les poètes. La domination commerciale du roman qui est hélas celle de la médiocrité a tiré vers le bas tout l'édifice littéraire. Presque rien ne rivalise avec Sophocle. L'habitude que nous avons en France de déprécier nos grands écrivains nous empêche de considérer que Dom Juan est un pièce aussi claire, profonde et mystérieuse qu'Hamlet. L'actuel mépris du poème dramatique, qui a gagné la quasi-intégralité des milieux culturels, tient à sa supériorité même. La lecture est le dernier refuge. Le roman demeure plus facile à lire, tout y étant mâché. Le poème est désormais court et recueille l'épanchement plus ou moins douloureux, et l'enfance, ah, l'enfance...