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Machine - Page 2

  • Exclure l'exclu

    J'étais en train de sécher lamentablement dans la section qui de ma machine qui s'appelle Attractor-42.

    Pendant une pause technique (pisse, café), j'ai lancé (je ne sais pourquoi) en fond sonore la seule interview de Dantec que je trouve intéressante (celles à la télé française sont catastrophiques), qui est celle donnée dans une bibliothèque, la nuit, à Montréal. 

    Et j'ai repris mon lamentable séchage, ou plutôt, la saisie sur ordinateur de mes insuffisances manifestes. Quand tout à coup Dantec a causé d'Aristote (en mal) et de tiers inclus. Et de Maistre (Joseph de) et de réversibilité (ma lecture des Soirées de Saint-Pétersbourg commence à sérieusement dater). J'ai remonté la bande d'une minute. Ah mais je suis bien d'accord, qu'on ne peut parvenir à rien dans la vie avec le tiers exclu. 

    J'ai jeté quelques mots dans un moteur de recherche, et je suis tombé sur Lupasco. Je me suis demandé si Dantec avait lu Lupasco. On ne sait jamais, avec lui (il n'y a pas qu'Abellio), dont la bibliothèque était un arsenal.

    J'ai résisté encore quelque temps à commander un bouquin de Lupasco. Je viens de le faire.

    25 janvier 2025

  • Recommencer (3)

    Je me suis retrouvé embarqué à raconter (pour partie) une histoire, parce qu'il faut bien qu'il y ait des personnages et que ceux-ci ne peuvent pas être tout à fait immobiles dans le temps. Mais je n'ai rien à faire de cette histoire. Elle n'a aucun intérêt. Et ce que je dis là, il a bien fallu que je le dise. Et il faudra recommencer.

    Aux environs du 10 janvier, j'ai pris la décision (ferme) de tout jeter. Aussitôt la pression est descendue, et j'ai dormi deux nuits complètes sans que mon cerveau ne s'attache à produire du texte (du moins à ma connaissance). Dès le 12, puisque la pression était évacuée, j'ai pu recommencer à réfléchir à poursuivre l'écriture d'un nombre trop considérables d'historiettes.

    Je ne sais pas trop non plus dans quel enfer logique je me suis jeté. Le mieux est de poursuivre par-dessus la jambe. L'essai logique ne dit que son échec (mais moteur démonté).

     

    25 janvier 2024

     

  • Poésies III

    Trouvé hier la belle petite édition à 3,10€ des Poésies d'isidore Ducasse, chez Allia.

    Il faut leur appliquer la méthode proposée par l'auteur.

    Je dispose d'outils variés de notations :
    V et F pour Vrai et Faux ; que je couple avec I et RAF pour Important et Rien-A-Foutre.
    Ainsi que deux des quatre opérateurs de la logique modale : nécessaire (un carré) et contingent (un losange).

    Et de la possibilité ensuite de couper et de corriger.
    La question de l'ironie ne sera pas résolue.

    Exemple : Voici les phrases de la première page de cette édition des Poésies I :

    Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes. 
    Les premiers principes doivent être hors de discussion.
    J'accepte Euripide et Sophocle ; mais je n'accepte pas Eschyle.
    Ne faites pas preuve de manque des convenances les plus élémentaires et de mauvais goût envers le créateur.
    Repoussez l'incrédulité : vous me ferez plaisir.
    il n'existe pas deux genres de poésie ; il n'en est qu'une.
    Il existe une convention peu tacite entre l'auteur et le lecteur, par laquelle le premier s'intitule malade, et accepte le second comme garde-malade. C'est le poète qui console l'humanité. Les rôles sont intervertis arbitrairement.
    Je ne veux pas être flétri de la qualification de poseur.

    Elles deviennent dans un premier temps :

    Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes. 
    Les premiers principes sont hors de discussion.
    J'accepte Eschyle, Sophocle et Euripide. 
    Ne faites pas preuve de manque des convenances les plus élémentaires et de mauvais goût envers le créateur.
    Repoussez l'incrédulité : vous me ferez plaisir.
    il n'existe pas deux genres de poésie ; il n'en est qu'une.
    Il existe une convention peu tacite entre l'auteur et le lecteur, par laquelle le premier s'intitule malade, et accepte le second comme garde-malade. Le poète ne console pas l'humanité. Les rôles sont intervertis arbitrairement.
    Je me fous d'être flétri de la qualification de poseur.


    Ce qui devient :

    Les premiers principes sont hors de discussion.
    J'accepte Eschyle, Sophocle et Euripide. 
    Il n'existe pas deux genres de poésie ; il n'en est qu'une.
    Le poète ne console pas l'humanité, plus condamnée que lui.
    Je me fous d'être flétri de la qualification de poseur.

     

    22 janvier 2025

     

     



     

     

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  • D = C

    À Pierre Perrin, amicalement.

    Je crois que si l'idée foutraque de me confier une collection de poésie traversait jamais un éditeur, je l'ouvrirais avec la paginetta de Kurt Gödel qui a pour titre Preuve ontologique. (Ce serait d'ailleurs encore la faute au vieil Ezra.) Puis je fermerais la collection.
    (Et tout le reste est turlutature.) 

    (Le mot de paginetta (le travail de toute une vie qui tient en une page que l'on ne souhaite pas publier) est de Piergiorgio Odifreddi dans le livre La prova matematica dell'esistenza di Dio de Kurt Gödel (chez Bollati Boringhieri). J'aurais pu lire ça en anglais mais j'ai trouvé que l'italien serait plus proche du français.)

    Petites et grandes maisons d'édition ne publient que peu de poésie, ce qui est encore sans doute trop, puisque ce peu ne se vend pas ou mal, hors de la catégorie même des poètes, qui, malgré leurs rivalités de cour de récréation, se sentent obligés d'encore se lire entre eux, afin d'écouler quand même un peu les maigres stocks.
    Personne en tout cas n'a eu l'idée de traduire et publier Basil Bunting. C'est bien regrettable. On a sans doute pas eu le temps, depuis la publication de Briggflatts en 1966. Alors, évidemment, le plus grand logicien depuis Aristote (Gödel), qu'est-ce que ça peut foutre quand on a Paolo Coelho, Michel Onfray et Jean-Pierre Siméon ?

    Je reprends toutefois, n'étant pas à une contradiction près, mon vieil exemplaire de L'a.b.c de la lecture. (La traduction de Denis Roche pourrait être refaite.)

    Bunting est en tout cas l'auteur de la formule (et même de l'équation) que cite à plusieurs reprises Ezra Pound :

    Dichten = condensare

    que j'écris donc, l'appliquant à elle-même D = C.

    L'idée me vient de sortir tout à fait de leur contexte les deux (célèbres) définitions de la littérature que donne Pound :

    1
    La grande littérature est simplement du langage chargé de sens au plus haut degré possible.

    Je donne la seconde en anglais, la traduction de Denis Roche ne me satisfaisant pas (une somme d'informations qui RESTENT des informations).

    2
    Literature is news that STAYS news.

    (« La littérature, c'est des nouvelles qui RESTENT fraîches ».
    Je dirais.
    La traductrice Claire Vajou proposait sur sa page FB le 30 août 2016 :
    « La littérature : des nouvelles du jour pour toujours». )

    D = C, donc.

     

    22 janvier 2025

  • Lyotard et la mort du Soleil

    Pour Lyotard, les techno-sciences sont déterminées par la mort du Soleil.
     
    « Vous décidez de relever le défi du plus que probable anéantissement de l'ordre solaire et de votre pensée. Et la tâche, alors, la seule, est fort claire, déjà commencée depuis longtemps : simuler les conditions de la vie et de la pensée de telle sorte qu'une pensée reste matériellement possible après le changement d'état de la matière qu'est le désastre. »
     
    « Le problème des techno-sciences s'énonce donc : assurer à ce software un hardware indépendant des conditions de vie terrestre. Soit : rendre possible une pensée sans corps, qui persiste après la mort du corps humain. »
     
    Dans L'Inhumain, causeries sur le temps, Galilée, 1988.
    J'ai trouvé les citations dans Les rêves cybernétiques de Norbert Wiener, de Pierre Cassou-Noguès, Seuil, 2014
     
    20 janvier 2025

  • Recommencer

    Il est assez amusant de se dire que je vais sans doute devoir jeter tout de ce que j'ai écrit depuis novembre 2023.

    Ce n'est pas assez simple.

    (Remarquez, il y aurait un livre amusant à faire avec la somme de textes jetés.)

     

    10 janvier 2025

  • Vers l'approximation (1)

    Dans le monde de James Bond (le monde fictif où James Bond est un personnage), par exemple, Ian Fleming, ses romans, et les films de James Bond ainsi que leurs leurs produits dérivés ne sont pas censés exister (ce qui n'empêche d'ailleurs pas, parfois, quelques clins d'œil potaches).

    Dans la machine en cours écrite par moi (P.A.), je pourrais dire que :
    Dans le monde fictif où R.P.H est un personnage de l'écrivain S.Y., S.Y. n'existe pas (du moins comme créatrice de R.P.H.).
    Dans le monde fictif où S.Y. est un personnage de l'écrivain R.P.H., R.P.H. n'existe pas (du moins comme créateur de S.Y.).

    Dans la machine en cours lue par un lecteur externe (∼P.A.), les deux mondes précédents n'étant jamais signalés comme séparés :
    Les personnages et écrivains R.P.H. et S.Y. existent dans un monde fictif unissant les deux mondes ci-dessus. Il n'est pas certain du tout, onomastique oblige, qu'ils soient perçus comme étant quatre.

    Se poser la question de ce qui est vrai et de ce qui est faux n'a probablement pas de sens. A moins que. (La folie rôde.)

    La naissance (dans le futur) du personnage A.Q. et sa prise de position en tant que troisième narrateur ne va rien arranger, je le crains.
    Adieu.



    29 novembre 2024

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  • Kriegspiel

    Extrait de l'essai sophophilique (au à peu près) que l'on pourra trouver (si on le trouve) dans la machine :

    74. Kriegspiel. Dans un demi-rêve de ces jours derniers, je donnais, un jour de ciel gris, dans un bureau en ville (New York ? Londres ?) des cours d’apprentissage accéléré du Kriegspiel. Le principe était simple : l’apprenti payait d’avance 1000 dollars ou livres (le nombre importait plus que la monnaie) et prenait autant de cours qu’il lui serait nécessaire à comprendre le jeu. Le client, dont je ne saurais dire s’il était le premier ou le énième d’une longue série, entra et posa sur le bureau (une surface absolument plane et de rien encombrée) les 1000 dollars ou livres que je rangeai aussitôt dans un tiroir, juste à côté de mon petit automatique. — Commençons, dis-je.
    — Mais où est le Kriegspiel.
    — Le quoi ?
    — Eh bien, le plateau et les pièces.
    — Mais quel plateau et quelles pièces et à qui tout cela serait-il nécessaire ?
    — Mais à jouer au Kriegspiel. !
    — À jouer ? Mais il n’a jamais été question de jouer !
    Et je gardai pour moi quelque désobligeante remarque sur la redondance éventuelle qu’il y aurait à rappeler que spiel signifie jeu, mon client y étant manifestement sourd. Celui-ci s’énerva, réclama son argent, relut le contrat (soudain il y en eut un), y trouva stipulé qu’il ne saurait être là question de jeu sinon métaphysique (mot qui sembla redoubler sa colère), me traita de divers noms et pour finir, partit. Je crois que cet homme n’a pas perdu son argent. Ce qui est encore plus certain, me dis-je au réveil, c’est que je ne l’ai pas gagné.

    27 novembre 2024

  • Lettre (2)

    La lettre que j'écris ces jours-ci, dont je parlais précédemment, et qui doit s'achever sur une évocation de la conquête spatiale à venir (ou non) commence d'abord par une récapitulation succincte de la fameuse Lettre de Lord Chandos d'Hugo von Hofmannsthal, qu'il avait plus simplement intitulée Ein Brief, Une Lettre. 

    J'ai eu besoin, en écrivant, de retrouver une citation du même Hofmannsthal, prise dans le Livre des amis (Buch des Freunde). 
    Wer die höchste Unwirklichkeit erfaβt, wird die höchste Wirklichkeit gestalten. 
    Aux Editions de la Coopérative, le remarquable Jean-Yves Masson traduit erfaβt par « appréhende », mais je lui préfère « saisit » qui me semble évacuer toute idée de crainte :

    « Celui saisit la plus haute irréalité façonnera la plus haute réalité. »

     

    26 novembre 2024

     

  • Lettre

    La lettre a débarqué soudain en plein dans la rédaction (où elle s'insère) d'un chapitre qui prenait la forme, combien parodique, d'un essai philosophique.

    Quand la lettre débute, on ne sait pas à qui elle est adressée et celui qui la lit, et à qui elle n'est pas nécessairement adressée, ne sait pas qui l'a écrite ; c'est à la lettre elle-même, dans le cours de sa génération (si l'expression vaut) de déterminer où elle va et d'où elle vient. Mais je ne suis pas certain qu'elle veuille vraiment se découvrir ainsi.

     

    25 novembre 2024