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villiers

  • Mission Sarajevo, de Gérard de Villiers

    Lu dans le ouiquenne. Acheté 1 € pour voir ce que disait du conflit ayant inauguré en 1991 notre ère européenne (conflit qui est aussi celui, très difficilement compréhensible alors, de mes 20 ans) le toujours très bien renseigné Gérard de Villiers, le plus souvent écrivant en direct, du point de vue de la CIA.
    Le souvenir d'une guerre d'un degré certain de barbarie (dans lequel aucun des belligérants ex-yougoslaves n'a rien à envier aux autres) est en quelque sorte « vérifié » dès le premier chapitre. (Évidemment, il faut ensuite se fader ce pauvre Malko qui tourne à une sodomie toutes les trente pages, avec des créatures improbables qui n'ont le plus souvent pas d'autre fonction fondamentale (si j'ose dire, et la snipeuse exceptée) que de recevoir en elles Son Altesse Sodomissime.)
    Notons que le livre est écrit en 1993, et qu'il reste presque trois ans encore de siège à Sarajevo, six ans avant que la Serbie ne soit bombardée par l'OTAN, huit ans avant que ce conflit de dix ans ne s'achève...

    Gérard de Villiers est vraiment renseigné et sa description de la ville de Sarajevo assiégée fonctionne. Ce qui est remarquable, à le lire en 2026, c'est le nombre et l'importance des Iraniens que l'on rencontre dans le livre. (Il y a bien aussi un iconoclaste Ukrainien de la Forpronu, mais le voisinage géographique et la présence abracadabrante du Bidule onusien le rendent plus attendu.)
    La politique iranienne selon Villiers consiste à inciter fortement, violemment, la Bosnie musulmane (également soutenue par les USA, ce qui fait que le président Izetbegović a des conseillers aux visées diamétralement opposées, conflit interne qui manque de disperser les couilles du cher Malko dans le sanguinaire potage en cours) à se muer en République islamique : et pour cela, on pratique sans vergogne la politique du pire : plus sera grand le nombre de musulmans qui crèveront dans Sarajevo, plus leurs frères rejetteront l'Occident et se tourneront vers le fondamentalisme.
    Pendant ce temps, notre supplétif autrichien de la CIA, SAS, cherche des missiles Stingers US malencontreusement égarés là (ils avaient antécédemment vendus aux Afghans luttant contre la Russie encore soviétique), et de la destruction desquels dépend, ainsi que l'a décidé un George Bush (père) en campagne électorale, la reprise du pont humanitaire (car les Américains sont plus gentils que les Iraniens).


    17 juin 2026

    Lien permanent Catégories : Livre